Eglise réformée de langue française en Argovie
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« Judas, une vie brisée au service du Christ ».

Bible: Josué 4, 1-7
                                  I Corinthiens 15, 1-11
                  Luc 6, 12-16

Je me demande ce que cherchait celui ou ceux qui ont retenu ce passage de l’évangile pour le proposer aux prédicateurs ? Nous avons la liste des disciples, de ceux qui vont suivre le Christ, chacun à sa manière, cheminé avec lui. A part cela, nous avons peu d’information. Plutôt que mettre cette proposition de côté, je vais essayer de vous entrainer dans un essaie de réflexion. En introduction à ce cours récit, il est dit que le Christ passe la nuit à prier sur la montagne. Delà découle ensuite le choix de disciples. Il prie. Autrement dit, il dépose entre les mains de Dieu le choix qu’il va faire. Il va le mûrir, peser le pour et le contre, réfléchir. C’est toujours bon de réfléchir avant de prendre une décision. Ici, le Christ le fait en relation avec Dieu, son Père. Il amorce une démarche dans la foi, une démarche de foi.

Au petit jour, il appelle ses disciples pour en choisir douze. Le texte laisserait il sous-entendre qu’au début, il y en a plus de douze ? C’est possible mais non avéré. D’eux, nous ne savons rien ou peu de chose. Nous savons que Simon sera appelé Pierre ; qu’André à un frère nommé Jacques ; qu’un 2e Jacques est choisi mais qu’il est fils d’Alphée – un inconnu ; que Simon – deuxième du nom - est appelé le Zélote, dans le sens où il fait du zèle pour proclamer et annoncer le Messie – c’est un militant quelque peu extrême (les zélotes n’hésitaient pas à manier le couteau au besoin est) ; que Jude est fils de Jacques – un autre inconnu ; et enfin, Judas, dit Iscariot, dont le doigt pointe la faute. Il est LE traitre. Des autres, nous ne connaissons que leur prénom : Jean, Philippe, Barthélémy, Matthieu et Thomas. C’est peu mais au moins, ils ont un nom !

Bien que le Christ ait limité la place de chacun à celle qu’il occupe – il n’y a pas de gloire à tirer de cette place, il en est un qui interpelle. Le nominé est Judas, dit l’Iscariot, alias le Traitre. Tout est dit. L’étiquette est posée. Elle va lui coller à la peau toute sa vie et encore maintenant. Il a été placé au banc de la société et y est encore. Il est maudit. Il va se suicider et personne ne trouvera rien à redire. Il a reçu 30 pièces d’argent pour son infamie commerce. Ces 30 pièces sont le salaire de sa trahison. Et l’on soutiendra cet argument avec force verset biblique de l’Ancien Testament. Juda est un traitre. Il le reste encore de nos jours. Rare sont ceux qui traine une réputation aussi longtemps à travers les âges, à travers les décennies, les siècles et les millénaires.

Juda mérite-t-il vraiment d’être relégué à cette place ? Si un peu de charité chrétienne venait s’appliquer à son endroit, peut-être le verrions-nous autrement ? Judas, ma foi, nous devons bien le comprendre n’est qu’un homme parmi le peuple. Sa Nature est celle que la Création lui a donnée ; je dirais même que cette Nature est du ressort de Dieu qui a créé l’humanité. Viens ensuite le jugement, sévère, des hommes qui se retournent contre lui après avoir accompli leur méfait. Voilé Judas seul, abandonné à lui-même. Il met fin à sa vie, abandonné de tous. En ce sens, il est le précurseur de ce que va vivre le Christ ; rappelons-nous qu’il criera lui-même du haut de la croix : « Elie, Elie, lama sabachtani » qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Seulement, cette parole n’est pas accordée à Judas qui va mourir dans le silence le plus complet, avec le poids de la faute en jugement éternel.

Pourtant, ce que je ne comprends pas est pourquoi tant d’insistance à son propos. Admettons. Si Judas n’avait pas accompli cette basse besogne, qui l’aurait fait ? D’ailleurs, y aurait-il eu quelqu’un pour le faire. Cela devait-il se faire au détriment d’une vie ? Je ne sais. Mais la chose certaine est que cela se présente ainsi. Judas occupe une place à part, une place qui le rendra célèbre dans l’éternité et qui le placera dans le rôle du méchant. Mais que dire ? Si Judas ou un quelconque autre quidam n’avait pas dénoncé ou désigné le Christ pour quelques pièces, quel aurait été le cours de l’histoire ? Que ce serait-il passé cette nuit-là ? Le Christ serait allé sur la montagne prier, les disciples se seraient endormis et auraient été réveillés et houspillé par le Christ lui-même parce qu’incapables de veiller ; Le Christ aurait vécu sa Passion ; Pierre aurait coupé l’oreille du soldat… Et non, Pierre n’aurait pas coupé l’oreille du soldat puisque Judas n’aurait pas fait son œuvre. Il n’aurait pas embrassé le Christ pour le désigner. Pierre n’aurait pas sorti l’épée de son fourreau, l’histoire aurait été tout autre, intéressante probablement mais pour quel sens ? Les disciples se seraient endormis sur la montagne pendant que le Christ prierait. En ensuite ? Sans la présence de Judas, sans son acte, tout se serait passé différemment. Cela aurait-il eu la même portée ? Cela serait-il venu jusqu’à nous aujourd’hui ? Je ne sais pas. Mais la question mérite d’être posée.

Comme Judas était là son rôle va au-delà de la simple traitrise dans laquelle il a été catalogué ad aeternam. A mes yeux, Judas mérite d’être revalorisé. Je prends un exemple. En photographie, voici quelques années encore, pour faire le tirage sur papier l’opérateur prenait la photo et trempait le papier dans un bain. Après un certain temps passé dans ce bain, la photo apparaissait. Elle se révélait. Ce stade était nécessaire à l’obtention de la photo initiale. Je me dis qu’il en est de même de Judas. Sans lui, l’histoire du Christ sur la montagne, serait probablement resté un fait parmi les autres. Cela aurait été un fait divers, sans plus d’importance. C’est le rôle particulièrement ingrat de Judas qui donne tout son poids à l’histoire du Christ, cette nuit-là précisément. Judas n’est pas LE traitre, à condamner pour l’éternité. Il est LE révélateur dans l’histoire du Christ. Il est le personnage essentiel. Il est incontournable. Et le monde va suivre ces misérables qui le paieront de 30 pièces d’argent, qui se moqueront de sa repentance – car n’oublions pas que Judas s’est repenti ; mais ces hommes renverrons Judas à lui-même, sans même sourciller. Ils ont eu celui qu’il voulait avoir, peu importe la manière. Judas a été le jouet de ces hommes sans morale. Il a été joué. C’est le poids de sa conscience et l’abandon des commanditaires, combinés qui vont conduire Judas au désespoir. Les hommes sont responsables de cette mort par leur attitude inique. L’on voit en Judas LE traitre. L’on voit en lui la paille qui est dans son œil tandis que les commanditaires ne voient pas la poutre qui est dans le leur.

Alors, pour nous rappeler la place de Judas, rappelons-nous qu’il a été choisi par le Christ lui-même ; qu’il a participé au dernier repas autour de la table, qu’il a pris du pain et du vin, partagé et bénis des mains et de la bouche même du Christ. Il ne l’a pas jugé ni condamné. Il l’a aimé comme un frère. Ces sont les hommes qui l’on trahit. Ce sont les hommes qui ont trahit Judas et la Christ. Ni l’in ni l’autre ne mérite leur sort, mais la destinée de l’un comme de l’autre, aura été de vivre en compagnons de route, pour le meilleur et pour le pire. Judas a été précurseur dans l’histoire de la révélation du Christ dans toute sa gloire. Il mérite mieux que d’être mis et laissé au ban de la société.

Le Christ l’a compris. Et nous, que comprenons-nous ?

Amen

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