Eglise réformée de langue française en Argovie
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« La puissance de l'Esprit Saint »

Bible: Cor.2, 12-16


« Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a donné, »
Quelle force dans ces paroles ! Aujourd’hui, fête de la Pentecôte, rien d’étonnant que de parler de l’Esprit qui vient de Dieu, de l’Esprit comme de cette énergie active qui opère dans les cœurs des hommes. Pentecôte, pour le peuple d’Israël, c’était la fête qui rappelait le don de la Loi au Sinaï, la fête de l’Alliance. Pour la communauté de Jésus, le don de l’Esprit en fait la célébration de l’Alliance nouvelle. L’alliance toujours présente, toujours possible.

Que signifie cette fête pour nous aujourd’hui ? Car si Noël et Pâques sont des fêtes bien connues dans notre société, on ne peut pas en dire autant de la fête de Pentecôte, cette fête ancienne dont parle les textes bibliques. Au début du livre des Actes, Jésus donne une dernière instruction à ses disciples avant son ascension : Vous allez recevoir une puissance, celle de l’Esprit Saint…Cette promesse se réalise à Pentecôte. Les disciples sortent de la chambre haute. Pierre s’adresse à la foule des croyants qui ont fait le pèlerinage de Jérusalem pour la fête des Moissons. 3000 personnes répondent à son appel à la conversion et au baptême. C’est la plus grande marque de l’Esprit et c’est ce jour que l’impulsion est donnée pour répandre l’Evangile.
Que s’est-il passé ? Le jour de la Pentecôte les disciples sont réunis lorsqu’un étrange phénomène se produit. On entend un grand bruit, un coup de vent s’élève, il y a comme des langues de feu. Etrange événement, inexplicable : des gens qui parlent les langues différentes se comprennent. Nous ne sommes plus à Babel, la diversité des langues est surmontée par une langue qui résonne en chacun, qui dépasse la seule intelligence : l’Esprit de Dieu est à l’œuvre.
Si Pâques met en oeuvre le symbolisme de l’eau et de la lumière, Pentecôte se réfère aux images du souffle et du feu pour décrire la puissance de l’Esprit Saint. C’est ce même esprit qui nous met en mouvement, nous ouvre à l’avenir et devient pour nous esprit de vie et de joie.

« Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a donné, »
Des paroles fortes qui ont encouragé un homme comme Martin Luther à faire face à ses juges en tenant ferme dans la foi. Des paroles fortes qui ont fait que Dietrich Bonhoeffer a tenu ferme dans la foi. C’est qu’il n’est pas possible de parler de la foi autrement qu’en des termes puissants. Luther ou Bonhoeffer avaient toutes les raisons du monde de céder à la violence, d’abandonner la partie, comme on dit, de ne pas s’opposer à ceux qui se veulent les plus forts. Pourquoi ne l’ont –ils pas fait ? Et pourquoi nous-mêmes sommes-nous prêts à rester fidèles au Dieu de Jésus-Christ alors même que nous déplorons que notre Dieu nous laisse livrés à nous-mêmes, avec toute cette souffrance, qu’elle soit causée par les agissements des hommes ou par des forces naturelles.

Difficile de formuler une réponse satisfaisante, ce qui est sûr ce que nous avons reçu un Esprit qui vient de Dieu, non pas l’esprit du monde, celui-là, nous l’avons déjà, non, il s’agit de l’Esprit qui vient de Dieu, du don que Dieu nous fait. Dieu fait alliance avec les hommes, il se souvient de sa création. C’est ce souvenir qui nous porte, qui nous fait exister.

Le jour de la Pentecôte l’Esprit de Dieu descend sur les disciples, se saisit d’eux « et ils furent tous remplis du Saint Esprit. » Cet  Esprit les met en mouvement, leur donne la force de résister. Le théologien Paul Tillich parle du saint Esprit comme d’une Présence Spirituelle et cette présence est une réalité, Tillich dit : puisque Dieu ne délaisse jamais l’humanité, puisqu’elle est sans cesse sous l’influence de la Présence Spirituelle, le Nouvel Etre est toujours présent dans l’histoire. » L’Esprit s’empare de l’esprit humain, la Présence Spirituelle crée le Nouvel Etre par-delà les ambiguïtés de la vie. Toutefois cette présence se manifeste non pas de manière abstraite, mais dans l’humanité historique, non pas dans les individus isolés, mais dans des communautés. C’est pourquoi l’Eglise pourrait naître à la suite des événements du jour de la Pentecôte.

Pour nous, c’est un jour de fête, un jour qui rompt la routine, une autre vérité se fraye un chemin dans nos existences, qui rend possible notre vie de tous les jours. Les temps de fête nous permettent de prendre de la distance, et en même temps, nous rapprochent à nouveau de notre vie habituelle en lui donnant une nouvelle orientation, un sens nouveau : le besoin de se retrouver se fait alors sentir, on recherche une communauté qui nous porte et nous protège. Nous recherchons des lieux où nous pouvons nous décharger de ce qui nous pèse, nous rêvons d’une communauté où un autre esprit différent de ce que nous connaissons, nous élève et nous donne des forces nouvelles pour combattre ce sentiment d’impuissance qui s’empare parfois de nous lorsque les tâches et les exigences de la vie de tous les jours sont trop difficiles à maîtriser. Parfois nous devons faire face à des exigences qui nous dépassent, nous ne savons pas comment continuer notre chemin sur cette terre : Dieu le sait, il ne nous abandonne pas, même si la souffrance est extrême.

« Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a donné, »
Cet Esprit nous permet de nous élever, il fait monter l’humanité vers Dieu. C’est ainsi que l’homme découvre les richesses de la foi. Il s’élève au-dessus des contingences de ce monde, il a accès à un monde spirituel qui est folie pour l’homme naturel. On peut comprendre le Saint Esprit comme une force d’attraction que Dieu lui-même exerce sur le monde et l’humanité, on peut le considérer aussi comme l’attraction que le Royaume de Dieu exerce sur l’histoire et sur nos vies. L’Esprit Saint suscite en ce monde les signes avant-coureurs du Royaume. Nous sommes des êtres enracinés dans une histoire, nous avons des origines qui nous font agir de telle manière et non pas d’une autre. Et pourtant nous sommes aussi des êtres tendant vers un but que nous appelons le Royaume de la fin des temps.
Pour décrire l’agir de l’Esprit divin nous pouvons dire : il suscite en nous le pouvoir de nous élever au-dessus de nous-mêmes, il nous rend capables de tenir debout alors même que tout semble nous écraser, tel Martin Luther devant ses juges, tel Dietrich Bonhoeffer devant l’emprisonnement et la condamnation à mort.
Vous connaissez certainement la fable de La Fontaine qui parle du « Laboureur et ses enfants.
Je vais vous la résumer en quelques mots, relisez-la à l’occasion, elle nous parle de cet Esprit de Dieu qui nous met en mouvement. Voilà l’histoire :
Le laboureur, sur son lit de mort, promet à ses enfants qu’un trésor est  caché dans le champ qu’il leur lègue. Toute leur vie durant, les enfants binent et labourent le champ. Sur le tard, ils découvrent que le trésor promis, c’était, en fait, ce travail et cette passion qu’ils ont éprouvés.

Nous avons dit beaucoup de choses en rapport avec cet Esprit et j’aimerais finir notre réflexion en citant ces quelques mots du pasteur Alain Houziaux de Paris, quand il écrit.
« L’Esprit, c’est cette force d’attraction qu’est Dieu lui-même et qui génère, en nous, la quête de Dieu, et aussi le travail de la foi, de l’espérance et de l’amour, » Amen

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